C’est le temps.

C’est le temps… à faire une dissection interne, à reconsidérer, à retrouver et arriver à notre propre Moi. Pour regarder le chemin jusqu’au présent, pour la traîtrise et le pardon, pour l’amour et l’espoir. Pour l’appel de la nature. Et tout de suite il faut marteler – la carrière vient après la nature. Le premier mont est déjà monté (payé avec un prix très haut), le second nous attend ! C’est le temps – mûri pour maternité.

Fatigué, impatient…

Effiloche sa vie / Sans pitié

PERSONNAGES :

La Femme : Actrice
L’écran
Lui – Andreï

C’est le temps ! Et puisqu’il commence à se presser trop, pour moi-même, je commence à tourner les aiguilles de la montre en inverse. Pour moi ! Je dois me voire ! Je dois me reconstruire ! Je ne peux pas vivre de rôle en rôle, je ne peux pas être l’épisode dans ma propre vie. Jusqu’au maintenant – je pouvais. En fait, ce n’est pas que je ne peux pas, c’est que je ne veux pas. Les années ont avancé, mais ca se voit pas, n’est-ce pas ?! Moi, hormis obstinée et travaillante, moi je suis aussi de ces gens, qui ne renoncent pas facilement. Mais, ce soir, je renonce. C’est le temps.

* * *

Après la pièce beaucoup de monde est venu chez moi, juste pour me saluer, remercier, pour me toucher pour me connaître. J’ai mémorise une dame. Haute et jolie. Elle portait un enfant dans ses bras. Oh, le petit, comment il a supporté le spectacle. La dame m’a félicité, après m’as dit que jadis elle voulait aussi être actrice, mais la vit a pris une autre direction et « Vous voyez ?!». C’est alors que j’ai vu. Deux petits yeux, sur l’épaule de la femme, me regardaient. Un peu somnolents, les cheveux qui tomaient sur le front un peu transpiré, une petite main qui frottait le nez. Les yeux de l’enfant étaient les siennes. « Voila mon petit, on y va ». Elle a oublié pour moi. Elle a embrase la main douce, l’a étreint de tout son amour, et moi j’ai resté avec sa reconnaissance. Propre, chaude. Alors, c’est ce que je me souviens. C’était bon rôle.

* * *

Comment je peux exprimer cet incroyable sentiment ?! Ce triomphe ?! De l’esprit ?... De partager avec tout ce monde ?! … Comment ?!... Avant d’apparaître sur ce miracle illuminé-la scène, avec les yeux fixés sur elle, ton cœur éclatera, les mots disparaissent de ta tête, au moins c’est comme ca chez moi, je me sens en apesanteur, seulement les nerfs te tire comme corde, tu vibre d’énergie et tu veux sortir, pour la partager, parce qu’elle t’étouffe. Tu éclateras, si tu ne la jette pas dehors. Et tu oublie les yeux, ces là, il n’y a pas seulement bienveillants, tu oublis, que ton cœur éclatera et tu sors. Projecteurs, cette lumière blanche, décor, que tu connais par cœur, toi, dans l’âme de ton personnage, les gens silencieux, venus pour partager le magnifique miracle. Le théâtre!.. Commet expliquer ça ? C’est un sentiment qui te brule… De plus tu donne, de plus tu veux le faire… Le silence est sombre, retenue le souffle, haleine commune. Tu le sens, tu vie avec lui, et lui avec toi. Vous êtes un. Après. Le grand remerciement. L’énergie est donnée, partagée, elle escale dans sa majesté, le spectateur.

* * *

Je suis vraiment fatiguée. Vraiment. Je suis surmenée. J’ai besoin des choses propres et simples. Hormis les lumières je veux voir aussi les étoiles. Hormis les trois cotés de la scène je veux voir la quatrième, là bas chez les spectateurs. Je suis une de vous, je vais dire. Je vous remercie, j’aime jouer pour vous, et pour moi-même, mais un autre rôle dans la vie. N’est-ce pas ?!... Vous allez me comprendre ?!... Je ne suis pas seulement maquillage, perruques, héroïnes, sous tout ça, profond dedans, existe l’autre Moi. C’est qui la vrais ?! Je vais demander ?! Et le spectateur va répondre. « C’est à toi de décider ! » Je me suis donné. Maintenant je veux me ramasser. D’être moi-même. C’est ton droit !~- dit le spectateur. C’est vraiment mon droit. J’aime, excepté jouer, j’aime les soirées étoilés, regarder les étoiles, voltiger dans les cieux. Je suis mouette. Non, c’est un scénario. De pièce. Je suis oiseau. Oui, je suis oiseau. Au moins je veux être. Liberté et cieux. C’est ce que je veux. De voler. Amour – bien sûr. Enfant, plus que tout. Oui, je veux enfant. L’enfant d’Andreï. C’est le temps. Pour mon entracte.